6thématique n°6 : L'enchante thé - Eloïse Berrodier
- Number 6
- 3 févr.
- 4 min de lecture
Salutations distinguées, bande de ciboulettes !
Que le temps passe vite, nous en sommes déjà au sixième numéro de cette rubrique alors qu'elle n'a commencé qu'il y a quelques semaines à peine.
Je suis personnellement bien content de ce format qui, au-delà de casser un peu les codes, me sert surtout de garde-fou afin de ne pas en faire des tartines.
Tartines qui me demanderaient plus de temps, et donc, je me connais, finiraient par me démotiver.
Alors que là, l'exercice de la réflexion en six phrases me fait organiser mes pensées différemment, et me permet, en tout cas pour le moment, d'arriver à conserver (à peu près) un rythme correct.
Bref, après cette introduction un peu longue pour pas grand chose (je vous avais prévenu que j'avais du mal à me retenir de faire des pavés), aujourd'hui on va parler d'une novella de fantasy cosy et chill.
Faites chauffer l'eau pour le thé, car tel le sachet, nous allons y plonger.


L'enchante thé
par Eloïse Berrodier
Autoédition (Les livres du p'tit dahu)
Version ebook
Langue : FR
Nb. de pages : 119
" — Vous êtes vraiment vexée ou vous faites semblant de l'être ?
— Je fais semblant de ne pas l'être."
Le thé n’a jamais été la boisson préférée de Sanna, ce qu’elle fait vite comprendre à cette marchande enthousiaste dont les infusions sont la spécialité. Dès lors, cette dernière prendra très à cœur de convaincre sa nouvelle cliente en multipliant les dégustations.
Une délicate amitié se tissera alors entre elles au fil de leurs rencontres. Et au cœur d’un monde constellé de magie, le voile se lèvera sur des mystères inattendus.
(Résumé éditeur)

Il s'agit d'une novella de style "slice of life" dans un monde de fantasy cosy et chill dont on ne voit rien de plus que la bulle dans laquelle évoluent les personnages, à tel point que plusieurs fois durant ma lecture, j'ai réussi à oublier que c'était le cas : ici, c'est un récit sans enjeux à grande échelle, mais pourtant importants pour leurs protagonistes, une histoire centrée sur ses personnages pour lesquels le monde dans lequel ils évoluent n'a que peu d'importance (et permettez-moi de vous avouer qu'ici, je vous mens un petit peu).

Ce sont des personnages qui vont nouer une amitié toute particulière : vous savez, le genre de celle qui naît à des endroits improbables ou lors de moments où ne pensait que rien de bon ne pourrait se produire, le genre d'amitié forgée par l'évidence, celle que la vie vient nous mettre sous le nez pour nous rappeler que non, personne n'est jamais vraiment tout seul.

Un des thèmes majeurs de cette novella est la différence et l'identification, comment tout cela est vécu et perçu à travers le prisme d'une personne concernée mais aussi de celui de personnes tolérantes, ce qui fait plaisir à lire surtout au regard du climat actuel qui englobe notre société dans notre vrai monde à nous, lecteur.ice.s : car même si cette différence ne semble pas monnaie courante dans ce monde imaginaire, le personnage en question a eu le temps de se façonner une vie et une manière d'être qui me paraît saine et paisible, menée par l'acceptation de soi, de ce qu'il ressent au jour le jour et de ce qu'il estime être le plus opportun selon les situations, et on se prend à souhaiter que ce soit là la situation unanime pour tous.tes les concerné.e.s.

Mais cette novella est aussi une histoire de cœur brisé, qui évoque le questionnement sur la manière de surmonter une douleur qui semble ne jamais prendre fin, et qui, contrairement aux adages que l'on peut nous répéter maintes et maintes fois dans des situations similaires, ne s'atténue pas avec le temps : l'impact que peut avoir cette douleur lancinante et permanente sur le quotidien, sur nous-mêmes et la manière dont un tel chagrin nous a façonnés ; je pense que nous avons toutes et tous traversé au moins une fois dans notre vie une période similaire, et ce thème est à même de résonner en chacun d'entre nous.

Pour enchaîner sur une note un peu plus légère, je vais revenir sur mon mensonge dans le premier point : car oui, nous sommes dans un monde de fantasy, et la magie qui y est présente a bel et bien une place de choix dans ce récit ; mais ici encore, sa source comme son usage, au-delà de son intégration fluide dans l'univers et dans le récit, est à l'image du ton du texte, comprendre ici douce et bienfaitrice, même si l'on comprend dès les premières lignes que cette bulle de positivisme véhiculée par cette histoire précise n'est certainement pas la norme absolue qui régit l'entièreté de cet univers dont on ne découvre qu'une minuscule partie.

Pour finir, je dirais que cette novella se déguste accompagnée d'une bonne tasse de thé ainsi que d'une petite douceur, emmitouflé.e dans un bon plaid en pilou-pilou (points bonus si vous avez votre moitié ou une boule de poils qui repose sur vos genoux) : c'est à mon sens ainsi la meilleure manière de laisser la magie positive opérer... à moins que le thé n'y soit pour quelque chose... ? Qui sait...
Merci d'avoir lu ce sixième 6thématique !
Je cherchais à faire quelque chose de différent pour marquer le coup de cette sixception (6ème billet, 6thématique, Number 6, les 6 doigts de la main, les 6 mousquetaires, etc), mais aucune idée n'interférant pas avec la chronique en elle-même ne m'a traversé l'esprit, donc par respect pour le traitement du texte (non, pas Word ni OpenOffice, j'ai pas dit "traitement DE texte), ce sixième billet est normal.
Mais bon sixversaire quand même !
Be seeing you.
Number 6
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